Mines : le Mali signe deux accords avec la Russie pour mieux connaître son sous-sol

Le pays a signé, hier 28 octobre à Moscou, deux accords avec la société russe ZarubezhGeologia pour renforcer la connaissance de son potentiel minier. Ces projets portent sur la cartographie géologique nationale et la création d’un système d’information géologique, dans un contexte de renforcement de la souveraineté sur les ressources naturelles.

En marge du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, tenu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, le Mali a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur minier. Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a signé deux accords avec la société russe ZarubezhGeologia, destinés à améliorer la connaissance du sous-sol et à mieux orienter les activités de recherche minière.

Le premier accord concerne la réalisation d’une cartographie minière à l’échelle de 1/200 000. Ce travail doit permettre d’identifier les zones présentant un intérêt géologique et minier, ainsi que les espaces susceptibles d’accueillir des opérations de prospection et des investissements. Pour les autorités maliennes, une meilleure connaissance des ressources disponibles constitue un préalable à leur valorisation.

Le second accord porte sur la mise en place d’un système national d’information géologique. Celui-ci doit centraliser les données relatives au sous-sol, faciliter leur conservation et permettre leur consultation et leur analyse par les services compétents. Le dispositif comprendra notamment un outil de stockage des données spatiales et un autre consacré à leur visualisation et à leur exploitation.

En parallèle, des agents de la Direction nationale de la géologie et des mines ont bénéficié d’une formation aux techniques modernes d’interprétation des images satellitaires appliquées à la géologie. Cette démarche vise à renforcer les compétences nationales dans l’analyse des données géoscientifiques.

Des retombées nationales accrues

Ces accords s’inscrivent dans la politique de réforme du secteur minier engagée par les autorités de la Transition. Lors d’un panel organisé dans le cadre du sommet, le ministre Amadou Keïta a notamment défendu les dispositions du Code minier de 2023 et celles relatives au contenu local. Le nouveau cadre prévoit une participation de l’État portée à 30 % dans les projets miniers, ainsi qu’une part de 5% destinée aux investisseurs locaux, selon les dispositions rappelées par le ministre. L’objectif est d’accroître la participation nationale à l’exploitation des ressources et les retombées économiques pour le pays.

Le ministre a également rassuré les partenaires sur la volonté du gouvernement de concilier la défense des intérêts de l’État et des populations avec le respect des engagements pris envers les investisseurs. Il a notamment évoqué la présence d’entreprises russes au Mali, dont Rosatom, associée à un projet lié au lithium.

Joseph Amara Dembélé

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