Sénégal : 180 milliards de FCFA de dépenses de fonctionnement supprimés

Le gouvernement sénégalais annonce une réduction de 180 milliards de FCFA des dépenses de fonctionnement de l’administration centrale. Cette mesure vise à dégager des marges budgétaires dans un contexte de baisse des recettes et de hausse des charges publiques.

Le Sénégal serre la vis sur les dépenses de son administration. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a annoncé, dimanche 25 octobre, une réduction de 180 milliards de FCFA des dépenses de fonctionnement général de l’administration centrale, dans le cadre des mesures de rationalisation de la dépense publique.

«L’État a imposé une cure d’austérité sans précédent à l’administration centrale», a déclaré le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse consacrée au projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, rejeté en commission à l’Assemblée nationale.

Cette réduction concerne notamment les achats de fournitures, les consommables, les conférences, les séminaires et les cérémonies. Selon le Premier ministre, certains services ont subi des coupes pouvant atteindre 80% de leurs crédits disponibles, hors dépenses sociales.

Malgré ces restrictions, le gouvernement affirme avoir maintenu les dépenses obligatoires et les charges considérées comme particulièrement sensibles. L’objectif est de réduire les coûts de fonctionnement de l’État sans compromettre le financement des secteurs prioritaires.

La rationalisation concerne également le fonctionnement de la Présidence de la République. Ahmadou Al Aminou Lo a précisé que les propositions relatives à ce volet faisaient encore l’objet d’un examen complémentaire afin d’en déterminer la pertinence et les modalités d’application.

Le Premier ministre a par ailleurs évoqué les fonds spéciaux, présentés comme des ressources permettant à l’État de répondre à certaines situations particulières ne pouvant pas toujours suivre les procédures ordinaires. Il a toutefois insisté sur la nécessité de garantir la sincérité budgétaire et la transparence dans leur gestion.

Des marges pour les priorités

Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par la diminution des recettes et l’augmentation des charges publiques. Pour l’exécutif, la maîtrise des dépenses de fonctionnement doit permettre de libérer des ressources afin de financer les priorités de l’État.

Le gouvernement poursuit ainsi l’examen des différentes propositions de rationalisation, avec l’objectif de retenir celles qui sont jugées pertinentes et applicables. La réduction annoncée de 180 milliards de FCFA constitue l’un des principaux leviers de cet effort d’ajustement des finances publiques en 2026.

Joseph Amara Dembélé

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