La croissance économique guinéenne devrait connaître une forte accélération au cours des prochaines années, portée par l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou. Après une progression de 7,3% en 2025, le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 8,8 % en 2026, puis 11,6% en 2027. Cette performance placerait la Guinée parmi les économies affichant les plus fortes croissances au monde.
Selon les projections d’un rapport de la Banque mondiale consacré aux perspectives économiques du pays, cette dynamique sera notamment soutenue par le démarrage des exportations de minerai de fer de Simandou, intervenu à la fin de l’année 2025. Sur la période 2026-2028, la croissance moyenne est estimée à 9%.
Toutefois, derrière ces perspectives prometteuses, se pose la question de la redistribution des richesses issues de l’exploitation minière. Le rapport souligne que l’augmentation de la production et des exportations ne garantit pas automatiquement une amélioration des conditions de vie des populations. Le principal défi consiste à transformer les revenus miniers en emplois, en investissements productifs et en opportunités économiques pour l’ensemble du pays.
L’agriculture comme relais
Avec une contribution de 32% au PIB et plus de 60 % des emplois, l’agriculture apparaît comme un levier essentiel pour réduire la pauvreté. Le développement de l’agrobusiness pourrait notamment permettre de diversifier les sources de revenus et de renforcer les activités économiques en dehors des mines. Cela suppose toutefois des investissements dans les infrastructures rurales, les équipements de conservation après récolte et les circuits de commercialisation.

Le développement du secteur privé non minier constitue également une priorité. Les services, la transformation agricole et les entreprises locales sont appelés à jouer un rôle important dans la création d’emplois durables. Le renforcement du contenu local figure parmi les pistes permettant aux entreprises guinéennes de mieux profiter des retombées de l’activité minière.
Pour éviter que la croissance ne profite essentiellement au secteur extractif, le rapport préconise plusieurs réformes structurelles. Il s’agit notamment de renforcer la gestion des finances publiques à travers un cadre budgétaire à moyen terme et la mise en place d’un fonds souverain transparent.
L’amélioration du climat des affaires et de l’accès au crédit figure également parmi les priorités. À cela s’ajoutent les investissements dans le capital humain, notamment l’éducation des filles et la formation professionnelle.
Ainsi, le défi de la Guinée ne sera pas seulement de produire davantage de minerai de fer, mais surtout de faire du boom minier un moteur de diversification économique et de prospérité partagée.
Joseph Amara Dembélé

