Ce montant considérable a été mobilisé pour construire le Complexe industriel Textile des Forces armées du Burkina (TEXFORCES-BF), inauguré mercredi à Logofourousso par le chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré. Le site, qui a déjà mobilisé 1.300 travailleurs pour sa construction, ambitionne désormais de développer ses activités et de porter ses effectifs directs à 20.000 emplois.
Cette infrastructure se veut un nouvel outil de transformation locale du coton et de consolidation de la souveraineté industrielle du Burkina Faso.
La réalisation du complexe a mobilisé plusieurs institutions publiques et entreprises stratégiques nationales, dont la SONABHY, la SOFITEX, la LONAB, la CNSS, la CARFO, le FBDES, la SONABEL, l’ONEA et la CCI-BF. Cette mobilisation traduit la volonté des autorités de s’appuyer sur les ressources et les capacités nationales pour financer et développer des projets industriels à fort impact économique.
Au-delà de sa vocation première, qui est notamment de contribuer à la confection des uniformes destinés aux Forces armées, TEXFORCES-BF entend participer à la structuration de la filière textile. La transformation du coton produit localement, le développement des compétences et la création d’emplois figurent parmi les principaux enjeux associés au complexe.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le président du Conseil d’administration de TEXFORCES-BF, Ismaël Kiswendsida Souampa Diawari, a souligné l’implication personnelle du chef de l’État dans le suivi du projet. Selon lui, le Président du Faso a régulièrement demandé des comptes sur l’évolution des travaux et considéré le complexe comme une priorité. «Vous avez suivi ce projet à tout moment. Vous avez demandé des comptes. Vous avez dit que c’est une priorité», a-t-il déclaré, avant de mettre en avant les retombées déjà enregistrées sur le plan social.
Quelque 1.300 personnes ont ainsi été mobilisées pour la construction de l’usine. Le responsable a également indiqué que TEXFORCES-BF ambitionne, à terme, d’atteindre 20.000 emplois directs.
Le complexe emploie déjà, selon ses déclarations, des veuves et des orphelins de membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) tombés.
Transformation et emplois
L’implantation du complexe à Bobo-Dioulasso présente un intérêt économique particulier. La ville se trouve au cœur d’une importante zone de production cotonnière. Elle dispose d’un tissu industriel susceptible de favoriser le développement d’une chaîne textile plus intégrée.

À travers TEXFORCES-BF, l’ambition affichée est donc de réduire progressivement la dépendance à l’égard des produits textiles importés en donnant davantage de valeur ajoutée aux matières premières nationales. La commande publique, notamment celle destinée aux forces de défense et de sécurité, pourrait ainsi devenir un débouché pour l’industrie locale.
Pour le PCA de TEXFORCES-BF, cette ambition devra toutefois s’accompagner d’une gestion rigoureuse. Il a pris l’engagement solennel de mettre en place une gouvernance « vertueuse », afin de faire du complexe une réussite durable.
L’entrée en activité de TEXFORCES-BF marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie industrielle du Burkina Faso. De la production du coton à sa transformation en produits finis, le pays cherche à renforcer les chaînes de valeur nationales, à créer des emplois et à faire de l’industrie un levier de souveraineté économique.
Joseph Amara dembélé

