Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’enseignement privé catholique (SYNTEPEC) n’a pas caché son mécontentement après le 9ᵉ report successif du verdict dans le procès qui les oppose aux responsables de l’enseignement catholique du Mali. Hier, lundi 7 septembre, au Tribunal du travail, les syndicalistes ont fait part de leurs inquiétudes face à la lenteur de la procédure judiciaire.
Ils sont au total 1 600 enseignants licenciés à la suite de l’arrêt de la subvention de l’État accordée aux écoles catholiques du Mali, après la signature d’un protocole entre l’État et la Conférence épiscopale du Mali, le 3 avril 2025. Dès lors, un conflit judiciaire s’est ouvert entre le Syndicat national des travailleurs de l’enseignement catholique (SYNTEC) et la Direction de l’enseignement privé catholique (EPC).
Le syndicat porte des revendications financières et sociales précises face à cette rupture de contrat. Il exige le paiement intégral de toutes les indemnités légales (indemnités de licenciement, de préavis, de congés non pris, etc.), le règlement des arriérés de salaires accumulés au cours de la crise, ainsi que le redéploiement exceptionnel ou l’intégration du personnel licencié dans la fonction publique des collectivités.

En août 2025, une première tentative de conciliation entre les deux parties devant le Tribunal du travail a échoué. Le procès a alors été renvoyé au 29 septembre 2025 pour l’examen au fond du dossier. Les suites judiciaires et le délibéré se sont poursuivis au premier trimestre 2026. Ce long feuilleton devait prendre fin hier au Tribunal du travail, mais, à la «surprise générale», le délibéré a été renvoyé au 28 septembre prochain.
Diaminatou Coulibaly, membre du SYNTEC, a déploré les reports incessants du verdict, qu’elle estime à neuf depuis l’ouverture du procès en 2025. «Nous voulons que justice soit faite, car nous vivons dans la précarité depuis plus d’une année», s’est-elle plainte à la sortie.
Kalifa Raymond Kamaté, Secrétaire général du SYNTEC, a déploré le silence et l’inaction des décideurs face à leur sort et dénoncé la lenteur de la procédure judiciaire. «De report en report, les gens sont désespérés, désorientés», a-t-il décrié, appelant à ne pas être des témoins passifs «d’un effondrement silencieux de l’avenir et des vies de nos concitoyens».
Joseph Amara Dembélé

