Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a mis en évidence des irrégularités financières d’un montant total de 425 087 874 FCFA à l’Institut national de santé publique (INSP), à l’issue d’une vérification couvrant les exercices 2022 à 2025.
L’essentiel des manquements concerne la minoration injustifiée des redevances des tests COVID-voyage, évaluée à 414 625 000 FCFA. Selon le rapport, des voyageurs ont bénéficié du tarif réduit de 12 500 FCFA au lieu de 25 000 FCFA sans fournir de justificatif de report de voyage, en violation de la réglementation en vigueur.
Le BVG relève également la non-application de pénalités de retard sur un marché de réhabilitation et de construction de hangars au profit de l’INSP. Malgré un retard de 35 jours dans l’exécution des travaux, l’Agent comptable a procédé au paiement sans réclamer les pénalités contractuelles, causant un manque à gagner de 786 874 FCFA.

Par ailleurs, le rapport fait état d’imputations budgétaires irrégulières d’un montant de 9 676 000 FCFA. Le Directeur général et l’Agent comptable ont imputé des dépenses d’assistance comptable sur un compte destiné à l’achat de matériels et d’outillages, avec le visa du Délégué du contrôle financier, alors qu’elles auraient dû être enregistrées comme des prestations de services.
Le Vérificateur général rappelle la responsabilité du Directeur général en tant qu’ordonnateur, de l’Agent comptable dans l’exécution des dépenses et du Contrôleur financier dans le contrôle préalable des engagements.
Au regard de la gravité des faits, le BVG a transmis et dénoncé au Président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République chargé du pôle économique et financier les dossiers relatifs à la non-application des pénalités de retard et à la minoration des redevances des tests COVID-voyage. Les imputations budgétaires irrégulières ont, quant à elles, été transmises au Président de la Section des comptes de la Cour suprême.
Abdou Diop

