Les sociétés minières ont versé 940 milliards de FCFA à l’État malien en 2025, en dépit du recul de la production industrielle d’or. Face à la presse, le 22 octobre 2026, le ministre des Mines, Amadou Keïta, a défendu les réformes engagées pour assainir le secteur, renforcer la participation nationale et mieux répartir les retombées de l’exploitation minière.
Le secteur minier malien a généré d’importantes recettes pour les finances publiques en 2025. Selon les chiffres présentés par le ministre des Mines, les exportations d’or ont atteint 2.750 milliards de FCFA, contre 1.610 milliards en 2024. Les sociétés minières ont contribué à hauteur de 940 milliards de FCFA aux recettes de l’État, contre 978 milliards l’année précédente.
Cette progression de la valeur des exportations intervient pourtant dans un contexte de baisse de la production industrielle d’or, passée de 54,8 tonnes en 2024 à 42,2 tonnes en 2025. Le recul de l’activité de Loulo-Gounkoto, dont la production est tombée de 22,5 à 5,5 tonnes à cause de l’arrêt de la production suite à différant avec l’État, explique en grande partie cette évolution. La tendance s’est toutefois inversée au premier semestre 2026. La production industrielle d’or a atteint 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes à la même période en 2025, soit une hausse de plus de 30%. Le gouvernement table sur une production annuelle de 43,2 tonnes.
761 milliards recouvrés
Au-delà des recettes, le renforcement, le contrôle des activités minières et les obligations des entreprises sont le nouveau chantier dans lequel le ministre s’engage. Selon Amadou Keïta, les audits réalisés auprès des sociétés minières ont permis de recouvrer 761 milliards de FCFA d’arriérés.
Le nettoyage du cadastre minier constitue un autre axe de cette politique. En octobre 2025, plus de 90 permis de recherche ont été annulés pour non-respect des obligations réglementaires. Le gel des nouvelles demandes de titres, instauré le 28 novembre 2022, touche progressivement à sa fin.

Le ministre a également annoncé le renouvellement de 24 permis de recherche d’or et de lithium, autorisé en Conseil des ministres entre le 21 août et le 30 septembre 2026. Ces renouvellements ne donnent toutefois pas automatiquement le droit d’exploiter les gisements.
Le Code minier de 2023 et la loi sur le contenu local doivent, selon le ministre, accroître les retombées nationales. La participation des intérêts maliens peut désormais atteindre 35% du capital des projets, avec une part réservée aux investisseurs nationaux.
Les ressources minières doivent également contribuer au financement du développement local. Pour l’exercice 2025, le Fonds minier de développement local a mobilisé 18,4 milliards de FCFA. Les fonds sont répartis entre les communes directement affectées par les activités minières, les autres collectivités des zones minières et celles des autres régions du pays. Au total, les 819 communes du Mali en ont bénéficié.
Par ailleurs, le Fonds de financement des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a mobilisé 109,14 milliards de FCFA entre janvier 2025 et juin 2026. Ces ressources doivent notamment financer des routes, des voies ferrées et des infrastructures énergétiques.
Le ministre a annoncé, en somme, le renforcement des moyens de lutte contre l’exploitation minière illégale, à travers la Brigade spéciale des mines, ainsi que le développement de la formation et de la recherche géologique.
Joseph Amara Dembélé

