La lutte contre l’insécurité dans l’espace sahélo-saharien ne peut se limiter aux opérations militaires. Elle nécessite également une coopération transfrontalière renforcée, des réponses économiques durables et un dialogue politique. C’est la position défendue par le président de TIRAC-Sahel, M. Soulaymane Satigui Sidibé, qui appelle à une approche globale pour prévenir la radicalisation et résoudre durablement les conflits dans la région.
L’expert des questions sécuritaires intervenait lors d’une table ronde organisée par l’ambassade du Royaume du Maroc au Mali. C’était à l’occasion de la célébration du premier anniversaire de la Fête de l’Unité, décrétée il y a un an par le Roi Mohammed VI, suite à l’adoption au Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution historique 2797 sur le différend du Sahara. Le thème portait sur «L’unité nationale du Maroc, facteur de stabilité et de développement dans l’espace sahélo-saharien», M. Sidibé a souligné l’importance des infrastructures et des services sociaux de base dans la consolidation de la stabilité.

Dans cette perspective, il a préconisé le renforcement de la coopération entre les États, notamment à travers le partage de renseignements et la lutte contre les financements illicites, dans le respect des cadres légaux. Il a également mis en avant la contribution des médias locaux et de la médiation communautaire dans la prévention des tensions. La participation des femmes et des jeunes constitue, selon lui, un autre levier essentiel pour prévenir la radicalisation et favoriser le règlement des conflits.
En somme, M. Sidibé a défendu une stratégie reposant sur plusieurs piliers complémentaires : le renforcement des capacités militaires, le développement économique, le retour durable de l’État et le dialogue politique.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de privilégier les processus diplomatiques, notamment sous l’égide des Nations unies, pour parvenir à des règlements pacifiques des différends territoriaux. Pour le président de TIRAC-Sahel, la stabilité de l’espace sahélo-saharien dépend ainsi de réponses politiques et économiques durables, capables de s’attaquer aux causes profondes des conflits, au-delà des seules interventions sécuritaires.
Joseph Amara Dembélé

