À Bamako, l’ambassadeur du Maroc, Driss Isbayene, a présenté l’initiative marocaine d’autonomie comme une solution politique au différend du Sahara, mais aussi comme un instrument de paix, de sécurité et d’intégration régionale dans l’espace sahélo-saharien.
Le Maroc envisage faire de son initiative d’autonomie un levier de stabilité au-delà du seul règlement de la question du Sahara. C’est le message défendu par son ambassadeur au Mali, Driss Isbayene, lors d’une table ronde organisée samedi 31 octobre 2026 dans la capitale malienne, à l’occasion du premier anniversaire de la Fête de l’Unité, instituée par le roi Mohammed VI.
Placée sous le thème «L’unité nationale du Maroc, facteur de stabilité et de développement dans l’espace sahélo-saharien», la rencontre a permis au diplomate de présenter les contours de l’initiative marocaine, proposée en 2007, comme une voie de compromis pour résoudre le différend du Sahara.
Selon Driss Isbayene, ce projet repose sur le principe d’une autonomie accordée aux populations de la région, qui pourraient gérer démocratiquement leurs affaires à travers des institutions disposant de compétences législatives, exécutives et judiciaires. Le dispositif prévoit notamment un Parlement régional composé de membres élus, un conseil transitoire chargé de préparer les consultations électorales ainsi que des instances judiciaires et consultatives. La région disposerait également de ressources financières propres, provenant notamment de ses recettes et de l’exploitation de ses ressources naturelles.
Un règlement aux retombées régionales
Pour l’ambassadeur, cette proposition constitue une solution politique dont la primauté a été régulièrement réaffirmée dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a également évoqué les difficultés liées à l’identification des populations concernées pour expliquer les limites de l’option référendaire.
Le diplomate a par ailleurs dénoncé les conditions de vie dans les camps de réfugiés, évoquant l’absence de recensement depuis plusieurs décennies et des détournements présumés de l’aide humanitaire. Il a notamment fait référence à des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).
Au-delà de cette question, Rabat estime que le règlement du différend pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les pays d’Afrique du Nord et ceux de l’espace sahélo-saharien. La relance de l’intégration maghrébine et le renforcement de la coopération sécuritaire figurent parmi les retombées attendues. Le diplomate a notamment cité la lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et la migration clandestine, des menaces qui dépassent les frontières nationales.
Joseph Amara Dembélé

