Le déficit de logements dans l’espace UEMOA est aujourd’hui estimé à près de 3,5 millions d’unités, alors que seulement 3% des financements des banques commerciales sont consacrés au secteur de l’habitat

Face à cette situation, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) entend renforcer son engagement à travers son plan stratégique «Djoliba… La Suite» 2026-2030, afin d’accompagner la transformation urbaine de la région et répondre à une demande de logements en forte croissance. Le sujet était au centre d’une discussion lors de la deuxième édition des Boad dévelopment days qui se tient à Lomé (Togo) du 11 au 12 juin.

Pour le président de la BOAD, Serge Ekue, l’avenir du secteur passe par la construction durable. «L’habitat de demain sera vert ou ne sera pas», a-t-il affirmé, plaidant pour une meilleure performance énergétique des bâtiments et une valorisation accrue des matériaux locaux. La BOAD soutient notamment la création d’un «Label Bâtiment Vert UEMOA», destiné à harmoniser les normes de construction durable et à faciliter l’accès aux financements climatiques internationaux.

De son côté, le président de la Chambre des promoteurs immobiliers du Mali, Siriki Sangaré, a souligné que les matériaux de construction représentent 50 à 70% du coût d’un logement social. Il estime qu’une industrialisation plus poussée de leur production est indispensable pour réduire les coûts et accroître l’offre de logements. Il a également insisté sur la nécessité de sécuriser le foncier afin de faciliter l’accès au crédit hypothécaire.
L’architecte sénégalais Pierre Goudiaby Atepa a, quant à lui, plaidé pour la création de villes nouvelles afin d’anticiper la forte croissance démographique du continent. Selon lui, le développement du secteur de l’habitat en Afrique passe par une industrialisation du bâtiment, capable de stimuler des filières comme le ciment, l’acier, le fer et l’aluminium.

Pour répondre durablement à la crise du logement, la BCEAO préconise plusieurs réformes, dont le développement de l’épargne-logement, la mobilisation de ressources financières de long terme, l’amélioration du cadre juridique et fiscal ainsi que le renforcement du pouvoir d’achat des ménages. Les acteurs du secteur s’accordent désormais sur un point : le logement est devenu un levier majeur de croissance économique, d’investissement et de création d’emplois dans l’Union.
Abdou DIOP


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