Transition énergétique : le Sénégal prépare environ 6 200 milliards de francs CFA d’investissements d’ici 2030

Le Sénégal chiffre à 9,5 milliards d’euros, soit plus de 6 200 milliards de francs CFA, les investissements nécessaires pour accélérer sa transition énergétique à l’horizon 2030. L’objectif est notamment de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans la capacité électrique installée et d’achever l’accès universel à l’électricité.

Le Sénégal voit grand pour financer sa transition énergétique. Le plan d’investissement finalisé en mai 2025 évalue à 9,5 milliards d’euros les besoins nécessaires à la transformation du secteur à l’horizon 2030. Ce montant représente près de quatre fois les 2,5 milliards d’euros annoncés dans le cadre du Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP).

La révélation a été faite mardi par Yaye Catherine Diop, directrice de la transition énergétique au ministère du Pétrole et de l’Énergie, lors d’un comité régional de développement organisé à Dakar. La rencontre constitue une étape de la stratégie nationale de communication sur la transition énergétique juste, déployée progressivement dans les 14 régions du pays.

Le plan repose sur un portefeuille de 34 projets, dont 11 sont considérés comme prioritaires. Parmi les principales opérations figure l’installation de 700 MW supplémentaires d’énergies renouvelables, avec notamment plusieurs centrales solaires de 100 MW. Le programme prévoit également des investissements destinés à moderniser le réseau électrique.

L’enjeu est d’augmenter rapidement la capacité de production d’électricité renouvelable tout en renforçant les infrastructures capables d’acheminer cette électricité. Le Sénégal vise ainsi une part de 40 % d’énergies renouvelables dans sa capacité installée d’ici 2030, tout en poursuivant l’objectif d’un accès universel à l’électricité.

Pour financer cette transformation, l’État ne compte toutefois pas porter seul l’effort. La répartition envisagée prévoit une contribution de 24 % pour l’État, 48 % pour le secteur privé et 27 % pour les partenaires internationaux. Cette architecture place donc les investisseurs privés au cœur du financement du programme.

Un financement encore largement à mobiliser

Le principal défi reste désormais la mobilisation effective des ressources. Selon les données présentées lors du comité régional de développement, environ 8 % des financements annoncés avaient été mobilisés en septembre 2025, des chiffres encore en cours de mise à jour.

Le calendrier prévoit une accélération des investissements à partir de 2027, avant une nouvelle montée en puissance en 2029 et 2030. Plusieurs projets restent néanmoins à la recherche de financements, tandis que d’autres bénéficient déjà d’appuis financiers ou techniques.

Au-delà de la production d’électricité, Dakar entend faire de cette transition un levier de développement économique. Les investissements doivent notamment soutenir la création d’emplois et favoriser la participation des entreprises sénégalaises.

Le ministère travaille ainsi à structurer deux projets solaires de 100 MW avec des entreprises nationales, selon Yaye Catherine Diop. Cette orientation traduit la volonté d’utiliser les dépenses d’infrastructure énergétique pour renforcer également les capacités du secteur privé local.

Joseph Amara Dembélé

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