Mali-Maroc : La coopération agricole booste la production laitière et de viande

La coopération entre le Mali et le Maroc dans le domaine de l’élevage porte des résultats encourageants, notamment dans l’amélioration génétique du cheptel bovin. Depuis 2014, ce partenariat a contribué à la production de plus de 100.000 bovins métis, à l’amélioration de la production laitière et à l’augmentation des revenus des éleveurs maliens, selon le directeur général du Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA), Lassina Diallo.

Invité à prendre part aux échanges dans le cadre de la célébration de la Journée de l’unité du Royaume du Maroc, organisée hier 31 octobre 2026 à l’Hôtel Radisson Collection de Bamako, le directeur général du Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA) est intervenu sur les acquis et les perspectives de la coopération entre le Mali et le Maroc dans le secteur de l’élevage, particulièrement en matière d’amélioration génétique du cheptel par l’insémination artificielle.

Engagée à travers un protocole d’accord signé en 2014, cette coopération repose principalement sur l’amélioration génétique des animaux par l’insémination artificielle. Dans ce cadre, le Royaume du Maroc a offert au Mali 135.000 doses de semences animales, dont 125.000 destinées à la filière laitière et 10.000 à la production de viande. Ce soutien a également porté sur la formation d’une vingtaine d’inséminateurs, dont une dizaine au Maroc, ainsi que sur la fourniture de matériels, d’intrants et d’équipements logistiques.

Le directeur général du Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA), Lassina Diallo

Mis en œuvre avec la création du CNIA en 2015, ce programme a permis d’enregistrer des résultats significatifs. «Le CNIA a pu produire plus de 100.000 métis, dont plus de la moitié est aujourd’hui en production et participe à la production nationale du lait», a indiqué Lassina Diallo.

Un meilleur rendement laitier

L’amélioration de la productivité constitue l’un des principaux acquis de ce partenariat. Selon le responsable, les vaches métisses de première génération produisent entre 12 et 15 litres de lait par jour, contre seulement 2 à 3 litres pour les races locales. Cette différence se traduit par une amélioration des revenus des exploitations, notamment dans les zones périurbaines du Mali.

La coopération marocaine a également contribué à rendre l’insémination artificielle plus accessible aux éleveurs. Les tarifs sont actuellement fixés à 10.000 FCFA pour une insémination sur chaleur naturelle et à 17 500 FCFA sur chaleur synchronisée. Le développement d’unités privées de diffusion de l’insémination, portées par de jeunes promoteurs, favorise par ailleurs la création d’emplois et rapproche les services des exploitations.

Image à titre d’illustration

Les retombées dépassent les frontières maliennes. Des éleveurs de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso se rendent désormais au Mali pour acquérir des bovins issus de l’insémination artificielle. Certains jeunes animaux métis peuvent être vendus à plus de 800.000 FCFA, voire atteindre un million de FCFA.

Après une première phase couvrant la période 2014-2018, la coopération a connu un ralentissement lié à certaines difficultés indépendantes de la volonté du CNIA. Toutefois, une nouvelle dynamique se dessine avec la signature, en juillet dernier, d’un nouvel accord entre les gouvernements malien et marocain.

Ce partenariat élargit désormais son champ d’intervention à la filière équine, notamment à l’élevage des chevaux et aux courses hippiques. Pour Lassina Diallo, l’insémination artificielle constitue aujourd’hui un levier important pour renforcer la productivité animale, créer des emplois et améliorer durablement les conditions de vie des éleveurs maliens.

Joseph Amara Dembélé

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