L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a examiné 48 dossiers en 2024, dont 13 transmis à la justice. Présentés ce 22 octobre 2026 au président de la Transition, Général d’Armée Assimi Goïta, les rapports de 2021 et 2024 mettent en lumière les avancées de l’Office, mais aussi les difficultés qui freinent son action.
L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) poursuit ses actions de prévention et de contrôle au Mali. Son président, Dr Modibo Sacko, a remis les rapports annuels de 2021 et 2024 au président de la Transition au palais de Koulouba.
Le rapport de 2024 fait état de 21 activités de prévention ayant mobilisé 2 025 participants, dont 761 femmes. Sur le volet du contrôle, l’Office a examiné 48 dossiers et en a transmis 13 à la justice. Il a également renforcé sa coopération avec les acteurs nationaux et internationaux.

Ces résultats témoignent d’une activité soutenue, mais des obstacles persistent. Dr Modibo Sacko a notamment déploré la faible mise en œuvre des recommandations de l’Office, les difficultés d’accès aux informations foncières et domaniales ainsi que l’absence d’un siège adapté. Il a sollicité l’appui des autorités pour améliorer les conditions de travail de la structure.
Pour l’année 2021, l’OCLEI avait consolidé ses bases institutionnelles et opérationnelles. Plus de 1 400 acteurs avaient été sensibilisés à la lutte contre l’enrichissement illicite. L’Office avait également contrôlé 968 déclarations de biens transmises par la Cour suprême, avant de soumettre 12 dossiers à la justice. Une étude sur les techniques d’enrichissement illicite dans l’administration publique avait aussi été réalisée.
Recevant les deux rapports, Assimi Goïta a salué les efforts de l’Office, tout en rappelant que ces documents ne doivent pas être considérés comme de simples formalités administratives. Ils doivent servir à évaluer l’action publique et à mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le chef de l’État a réaffirmé la volonté des autorités de rompre avec l’impunité et les pratiques qui fragilisent les finances publiques. Il a également appelé à une mobilisation accrue des citoyens pour soutenir cette lutte.
Concernant les difficultés d’accès aux informations foncières et domaniales, le président de la Transition a évoqué la création du Pôle national spécialisé en matière foncière, appelé à favoriser une meilleure coordination des actions dans ce secteur particulièrement exposé à la corruption.
Il a, par ailleurs, demandé d’accélérer la modernisation des outils de contrôle et la digitalisation des procédures. Il a exhorté l’OCLEI à mettre en place un dispositif national fiable de mesure de l’enrichissement illicite et a pris note de ses besoins en personnel, en équipements et en infrastructures.
Joseph Amara Dembélé

