São Tomé-et-Príncipe appelle à une meilleure préparation climatique pour protéger les communautés et transformer les connaissances en actions

São Tomé, le 14 octobre 2026 (CEA)- São Tomé-et-Príncipe a lancé l’Initiative RESIslands afin de renforcer l’évaluation des risques climatiques, les capacités institutionnelles et la préparation aux investissements climatiques, en mettant l’accent sur la protection des communautés et des services essentiels dont elles dépendent.

Lors du lancement national, le Ministre d’État à l’économie et aux finances, S.E. Gareth Haddad d’Espírito Santo Guadalupe, a rappelé les inondations de décembre 2021 et leurs conséquences pour les communautés, à savoir des infrastructures endommagées, des moyens de subsistance agricoles perturbés et des difficultés d’accès aux écoles et aux services de santé.

Il a souligné que la reconstruction des routes, des ponts et des autres infrastructures doit également réduire leur vulnérabilité aux évènements futurs. Une meilleure information sur les risques, une planification plus rigoureuse et des systèmes d’alerte précoce efficaces, a-t-il expliqué, peuvent contribuer à identifier les infrastructures et les communautés vulnérables avant qu’une catastrophe ne survienne.

Le ministre a également insisté sur le fait que les alertes doivent être diffusées dans une langue que les populations comprennent et que les communautés détiennent des connaissances essentielles pour identifier les risques et préparer les interventions. Investir dans la prévention, a-t-il affirmé, permet de protéger des vies tout en préservant les ressources publiques limitées.

Financée par le Fonds vert pour le climat (FVC) et mise en œuvre par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), RESIslands est une initiative de préparation de 30 mois qui soutient neuf membres de la Commission des États insulaires africains pour le climat (CEICA).

À Sao Tomé-et-Principe, l’Initiative aura pour objectif de renforcer les capacités nationales d’évaluation des risques, d’amélioration de l’information climatique et d’élaboration de propositions d’investissement conformes aux priorités du pays.

« Ladite Initiative a pour ambition de transformer les priorités nationales en actions et investissements concrets, avec des bénéfices durables pour la population », a déclaré le Chargé de programme à la CEA, Kjartan Fjeldsted.

M. Fjeldsted a souligné les atouts naturels du pays, notamment son environnement marin, ses forêts et sa biodiversité, ainsi que l’importance de protéger les fondements de l’agriculture, de la pêche et du tourisme durable. Il a également salué la contribution active de Sao Tomé-et-Principe à la coopération régionale au sein de la CEA.

Le Coordinateur résident par intérim des Nations Unies, Antonio Aranibar, a souligné l’importance de la participation communautaire et de la nécessité de garantir la disponibilité des connaissances au sein du pays. «Les exploitants agricoles, les pêcheurs, les organisations de femmes et de jeunes, ainsi que les autorités locales doivent participer à l’identification des risques et à la définition des solutions», a-t-il déclaré.

M. Aranibar a insisté sur le fait que la valeur de cette initiative résiderait dans l’utilisation efficace de ses outils, à savoir éclairer les décisions d’investissement, intégrer les risques dans la planification territoriale et les infrastructures, renforcer la coopération institutionnelle et préparer des projets susceptibles d’attirer des financements.

Présentant les conclusions de la consultation initiale, le Responsable du projet RESIslands pour São Tomé-et-Príncipe, Helmute Barreto, a indiqué que 29 parties prenantes avaient été recensées dans sept catégories institutionnelles et que 57 besoins de formation avaient été identifiés au sein de huit institutions.

L’évaluation a mis en lumière des besoins en matière d’information climatique et marine, de systèmes d’information géographique, d’infrastructures résilientes, de gestion côtière, de financement climatique et de planification institutionnelle. Elle a également révélé que les communautés côtières manifestent un vif intérêt pour le projet, mais disposent d’une influence limitée, ce qui souligne l’importance de leur inclusion dans la prise de décision.

Les prochaines étapes consistent à valider l’évaluation des besoins de formation auprès des institutions concernées et à prioriser les activités de renforcement des capacités. La présentation sur la gestion des risques de catastrophe a également examiné le lien entre la coordination nationale, les comités locaux, l’alerte précoce et la préparation au niveau communautaire.

Le Responsable régional du Fonds vert pour le climat (FVC), Landry Ahouansou, a souligné que l’appui à la préparation devrait permettre de développer des capacités institutionnelles durables et d’aider les pays à passer des priorités nationales à des propositions d’investissement plus solides et, en fin de compte, à des avantages concrets pour les populations.

En clôture du lancement, la Ministre de l’environnement, de la jeunesse et du tourisme durable, S.E. Nilda Borges da Mata, a appelé à une coordination renforcée, au partage des données et à une application pratique des connaissances existantes. Elle a insisté sur l’importance de conserver l’information au sein des institutions nationales et de développer les compétences nécessaires pour transformer les priorités en propositions de projets viables.

RESIslands soutient la préparation nécessaire à la recherche sur les futurs investissements climatiques. Son succès dépendra de l’appropriation nationale, d’une coopération efficace et de l’utilisation de données probantes plus solides pour répondre aux priorités des communautés.

À propos de la CEA

Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la CEA est l’une des cinq commissions régionales de l’Institution et a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, d’encourager l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale pour le développement de l’Afrique.

Composée de 54 États membres, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) joue un double rôle en tant qu’organisme régional de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et en tant que partie intégrante du paysage institutionnel régional en Afrique.

Source CEA

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