Le pays de la Côte de l’Or veut accélérer le développement de son industrie textile en misant sur la relance de la production et de la transformation locales du coton. Au cœur de cette ambition, l’usine de Savelugu, exploitée par Northshore Apparel, doit servir de point de départ à une stratégie plus large couvrant l’ensemble de la ceinture cotonnière ouest-africaine.
L’objectif est de construire une chaîne de valeur intégrée, allant de la culture du coton à la confection de vêtements finis, en passant par l’égrenage et la transformation. Le Ghana ambitionne ainsi de réduire sa dépendance aux produits textiles importés et de mieux valoriser localement sa production agricole avant de se positionner sur les marchés internationaux. Dans cette dynamique, le gouvernement prévoit de maintenir les mesures d’accompagnement destinées aux entreprises industrielles, notamment les avantages accordés dans le cadre des zones franches du Ghana. Des projets de pôles industriels similaires sont également envisagés dans les régions du Centre, de Bono Est et de l’Est, afin d’étendre progressivement l’activité manufacturière au-delà de Savelugu.
L’usine de Savelugu affiche déjà une capacité importante avec 51 lignes de production opérationnelles dans sa première phase. Elle emploie actuellement plus de 2 300 personnes, dont une majorité de femmes. Les ambitions sont encore plus élevées. Avec la montée en puissance des prochaines phases, Northshore Apparel prévoit de porter ses effectifs à 10 000 employés. Le projet pourrait ainsi devenir un important bassin d’emplois industriels, particulièrement pour la main-d’œuvre féminine.
Au-delà du nombre d’emplois, l’entreprise mise sur l’amélioration des conditions de travail pour soutenir la productivité. Selon son directeur général, Alhaji Nurudeen Mohammed, la conception du site intègre plusieurs services destinés directement aux travailleurs, notamment une clinique, une crèche et une cantine.

Ces infrastructures doivent permettre aux employés d’accéder à des services essentiels sans avoir à quitter leur lieu de travail durant les heures de service. La direction présente cette approche comme un moyen de renforcer à la fois le bien-être des salariés et l’efficacité de la production.
À terme, l’enjeu dépasse donc la seule implantation d’une usine. Il s’agit pour le Ghana de reconstruire une filière textile intégrée, capable de créer des emplois, de transformer localement le coton et de générer davantage de valeur ajoutée avant l’exportation.
Joseph Amara DEMBELE

