À quelques jours de son ouverture, la 8ᵉ édition du Festival des cultures traditionnelles du Mali se prépare autour de la préservation du patrimoine culturel national et sa transmission aux jeunes générations. Prévu du 13 au 15 novembre à la Maison des Jeunes, ce rendez-vous mettra en lumière la musique, la danse, les contes, les écritures endogènes et les savoir-faire artisanaux. Dans cet entretien accordé à la Gazette du Sahel, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly, promoteur du festival, revient sur les préparatifs, les innovations de cette édition et la place accordée à la jeunesse dans la sauvegarde des valeurs traditionnelles.
La Gazette du Sahel : Où en sont les préparatifs de la 8ᵉ édition du Festival des cultures traditionnelles du Mali, prévue du 13 au 15 novembre à la Maison des Jeunes ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Les préparatifs avancent bien. Dans ce cadre, le Festival des Cultures Traditionnelles du Mali, la Fédération des Associations du Mouvement N’KO et l’Association Pour la Promotion de la Culture au Sahel (APCS) s’associent pour organiser ensemble cette 8e édition du festival. Ce consortium se positionne comme un acteur clé pour la valorisation du patrimoine culturel national, la transmission des savoirs ancestraux et la promotion des valeurs traditionnelles maliennes. En favorisant les échanges intergénérationnels, ce festival permet aux jeunes de se reconnecter avec leurs racines et de s’ancrer dans les valeurs authentiques de la société malienne.
Nous travaillons également en collaboration à la mise en place du programme, à la mobilisation des artistes, des détenteurs de savoirs Culturelles, Traditionnelles et de nos partenaires, ainsi qu’à l’organisation de l’accueil du public. Nous voulons faire de ces trois jours un moment de partage, de découverte et de transmission autour des cultures traditionnelles du Mali.
Cet événement, placé sous le thème «La culture et l’éducation au service de la préservation de nos valeurs traditionnelles et du développement du Mali», célébrera la diversité culturelle et les traditions du pays. Cet événement est Parrainé par le Ministre de l’Artisanat, de la Culture de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme.
La Gazette du Sahel : Quelles pratiques artistiques et quels savoir-faire seront mis à l’honneur cette année ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Le festival mettra à l’honneur des pratiques qui occupent une place importante dans notre patrimoine : le brassage culturel, la musique et la danse traditionnelles, les contes et les récits, la découverte des écritures endogènes (N’KO, Wassaba et Tifinagh), la découverte des Masques traditionnels, des Habits Tradionnels, la cuisine traditionnelle, le défilé de Mode Traditionnel ainsi que des savoir-faire artisanaux. L’objectif est de présenter ces expressions dans leur diversité et de montrer qu’elles sont toujours vivantes et porteuses de sens.
La Gazette du Sahel : Quelle place avez-vous accordée aux jeunes dans la programmation et les activités de cette édition ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Les jeunes sont au cœur de cette édition. Ils seront invités à participer aux activités, à découvrir les pratiques traditionnelles et, selon les disciplines, à prendre part aux démonstrations et aux échanges. Nous souhaitons aussi leur donner une place active dans la vie du festival, notamment dans l’accueil, l’animation et la valorisation des activités. C’est dans ce cadre qu’on est en collaboration avec le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) et les jeunes artisans à travers l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM), dont le Président est l’Invité d’Honneur.
La Gazette du Sahel : Quelles initiatives concrètes sont prévues pour favoriser les échanges entre les détenteurs de savoirs traditionnels et les jeunes participants ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Nous privilégions les rencontres directes : échanges avec des artistes et des artisans, démonstrations de pratiques et ateliers de découverte. Ces moments permettront aux jeunes de poser leurs questions, d’observer les gestes et, lorsque cela est possible, de s’essayer eux-mêmes à certaines pratiques. La transmission se fait aussi par le dialogue et le partage d’expériences.
La Gazette du Sahel : Comment le festival contribue-t-il à préserver les pratiques culturelles menacées de disparition ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Le festival contribue à les préserver en leur donnant une visibilité et en encourageant leur transmission aux nouvelles générations. Il permet aux détenteurs de ces savoirs culturels et traditionnels de les présenter et de les partager, tout en sensibilisant le public à leur valeur. Préserver ces pratiques, c’est aussi reconnaître celles et ceux qui les font vivre.
La Gazette du Sahel : Quels résultats attendez-vous de cette édition en matière de transmission du patrimoine ?
Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : Nous espérons susciter davantage d’intérêt chez les maliens, créer des liens durables et promouvoir le brassage culturel entre tous les maliens et les détenteurs de savoirs, et faire connaître des pratiques parfois peu visibles. Nous souhaitons également que le festival encourage la poursuite de ces échanges au-delà des trois jours et renforce la volonté de préserver et de transmettre ce patrimoine. C’est dans ce contexte que les 3 jours de festivités seront en directe sur nos Trois radios ( Siguida-Kunkan, Mandé et Djiguifa), sur nos sites web ( Malicoura Media, Fluide Mali) et sur les réseaux sociaux.
Propos recueillis par
Joseph Amara Dembélé

