Niamey accueille jusqu’au 7 octobre la 10ᵉ édition du Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante (SAIIT). Au cœur des échanges : la difficulté pour les PME innovantes africaines de transformer leurs brevets et autres actifs immatériels en financements.
Le financement reste l’un des principaux obstacles au développement des innovations africaines. À Niamey, où se tient depuis lundi la 10ᵉ édition du Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante (SAIIT), les autorités nigériennes ont appelé les banques et les investisseurs à revoir leurs critères de financement des entreprises technologiques.
Placée sous le thème «Propriété intellectuelle et financement des PME innovantes», la rencontre, organisée par le gouvernement nigérien et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), met en avant un enjeu central : faire des brevets, marques et autres titres de propriété intellectuelle de véritables leviers économiques.

Pour le ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, Abdourahamane Amadou, la propriété intellectuelle ne doit plus être réduite à une formalité administrative. Elle doit pouvoir contribuer à la création de richesse et faciliter l’accès au crédit.
Le responsable a notamment pointé le décalage entre les besoins des entreprises innovantes et les pratiques du secteur financier. Les banques continuent, selon lui, de privilégier les garanties matérielles classiques, alors que les PME technologiques disposent souvent d’actifs essentiellement immatériels.
Le gouvernement nigérien souhaite ainsi que la valeur économique des brevets puisse être davantage reconnue par les établissements financiers. «Protéger ne suffit pas», a insisté le ministre, appelant également à financer les innovations africaines.

Le Niger envisage, de son côté, renforcer les mécanismes publics de soutien à la recherche et à l’innovation, notamment à travers le Fonds d’appui à la recherche scientifique et à l’innovation technologique (FARSIT). Le gouvernement prévoit également de mobiliser la commande publique afin de favoriser l’utilisation de solutions développées localement.
De l’invention au marché
Pour le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, l’enjeu dépasse la seule protection des inventions. Il s’agit de parvenir à transformer les innovations en capacités industrielles et en produits commercialisables.

Le responsable inscrit cette ambition dans l’objectif de souveraineté économique porté par le Programme pour la Refondation de la République (PRR). Le Niger veut notamment réduire sa dépendance aux technologies importées et favoriser la transformation locale.
Les innovations présentées au SAIIT concernent plusieurs secteurs : agriculture, santé, énergie, irrigation, mécanisation et stockage agroalimentaire. L’objectif est désormais de faire sortir ces solutions des laboratoires et des salons pour les intégrer dans les unités de production, les exploitations agricoles et les services publics.
Joseph Amara Dembélé

