Chicha au Mali : le magistrat Moussa Drissa Guindo alerte sur les risques liés aux stupéfiants

Dans une tribune publiée sur le réseau social Facebook, Moussa Drissa Guindo, substitut du procureur du 1er arrondissement de Bamako, revient sur l’interdiction de la chicha au Mali. Il estime que cette mesure dépasse la seule question de la consommation de tabac et répond à des préoccupations de santé publique et de lutte contre les stupéfiants.

Pour le magistrat, l’interdiction de la chicha au Mali s’inscrit dans une démarche de prévention face à l’évolution des pratiques de consommation. Dans son intervention, il soutient que plusieurs contrôles effectués dans des espaces de consommation de chicha auraient mis en évidence la présence de drogues et d’alcool associés aux produits utilisés.

S’appuyant sur des éléments de l’Office central des stupéfiants (OCS), le magistrat estime que cette situation a contribué à faire de la consommation de chicha une question de santé publique. Il rappelle que la chicha, initialement associée à la consommation de tabac, aurait progressivement connu un détournement de son usage dans certains établissements.

Dans ce contexte, Moussa Drissa Guindo présente l’interdiction comme un choix de prévention visant notamment la jeunesse. Selon lui, les autorités ont considéré que le simple encadrement de la pratique ne suffisait plus face aux risques liés à l’introduction éventuelle de substances stupéfiantes dans les produits consommés.

La tribune met également en avant les données relatives aux opérations de lutte contre les stupéfiants. Le magistrat évoque plus de 270 tonnes de drogues saisies en un an, ainsi que 640 kg de différentes substances interceptées entre juin 2025 et juin 2026.

Sur la même période, 884 personnes auraient été interpellées et remises à la justice, selon les chiffres avancés dans la publication. Les jeunes constitueraient une part importante des personnes concernées, avec un taux annoncé de 78%.

Le magistrat cite également le trafic de médicaments, notamment une saisie d’environ 40 000 comprimés de tramadol à Bla par les services des douanes.

Sur le volet judiciaire, il rappelle enfin que la violation des dispositions relatives à l’interdiction de la chicha peut exposer les contrevenants à des sanctions pénales, notamment des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans, assorties d’amendes, selon le cadre juridique applicable.

Joseph Amara Dembélé

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