Transport et logistique : le pari du Mali pour sécuriser ses échanges

Réuni ce vendredi 25 septembre 2026 à Koulouba, le Conseil des ministres a adopté les projets de texte portant création de la Société malienne de Transport et de Logistique, une nouvelle structure publique appelée à jouer un rôle central dans le transport des personnes et des marchandises.

Cette décision répond à un enjeu économique majeur pour un pays fortement dépendant du transport routier. Les échanges entre les zones de production, les marchés et les lieux de consommation reposent largement sur ce mode de transport. Il constitue également un maillon essentiel pour l’acheminement des produits importés et l’exportation des marchandises maliennes.

Le Gouvernement justifie la création de cette société par les difficultés rencontrées dans les opérations d’importation de produits agricoles, d’intrants et d’hydrocarbures. Les problèmes concernent notamment l’entreposage, le transport, la manutention et le stockage. Ces contraintes peuvent affecter la régularité de l’approvisionnement du marché national et augmenter les coûts liés à la circulation des marchandises.

La nouvelle société doit permettre à l’État de mieux organiser cette chaîne logistique. Sa mission couvrira le transport public routier de personnes et de marchandises, au Mali comme à l’extérieur du territoire.
Pour le Gouvernement, l’objectif est surtout de rendre les opérations d’importation et d’exportation plus efficaces et de mieux sécuriser l’approvisionnement du pays. La réforme vise également à garantir la disponibilité, l’accessibilité, la qualité et les quantités nécessaires de produits considérés comme stratégiques.

L’enjeu est particulièrement important pour les hydrocarbures et les produits agricoles, dont l’acheminement conditionne une partie de l’activité économique. Une chaîne logistique mieux maîtrisée peut également faciliter les échanges entre les bassins de production et les centres de consommation.
La création de cette société traduit ainsi la volonté de l’État de disposer d’un instrument directement mobilisable dans les opérations logistiques. Elle intervient dans un secteur où les coûts de transport et les difficultés d’acheminement peuvent peser sur les entreprises, les commerçants et, en bout de chaîne, sur les consommateurs.

Reste désormais à voir les modalités concrètes de fonctionnement de cette nouvelle société, notamment ses capacités opérationnelles, ses moyens financiers et son articulation avec les opérateurs privés déjà présents dans le secteur.
Avec cette réforme, le Gouvernement cherche en tout cas à faire de la logistique un outil de sécurisation des échanges et d’approvisionnement de l’économie malienne, plutôt qu’un simple service de transport.

Joseph Amara Dembélé

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