La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) n’attend pas le démarrage de la prochaine campagne pour préparer ses approvisionnements. La société a lancé ses appels d’offres dès septembre 2026 afin de sécuriser les intrants et les équipements, alors que les délais d’importation, les coûts logistiques et l’accès au financement peuvent perturber la chaîne d’approvisionnement.
La CMDT a procédé, lundi 14 septembre 2026, à l’ouverture des plis relatifs à plusieurs appels d’offres internationaux pour la fourniture d’intrants agricoles et d’appareils de traitement.
L’initiative intervient plus d’un an avant le démarrage de la campagne 2027-2028. Pour la CMDT, il s’agit de gagner du temps et surtout de réduire les risques de rupture ou de retard dans la mise à disposition des facteurs de production destinés aux producteurs de coton.
Cette démarche répond à la nécessité d’importer une part importante des intrants et équipements nécessaires à la production. La fabrication, l’expédition, le transport maritime, l’acheminement routier, le transit et la livraison sont autant d’étapes susceptibles de ralentir l’arrivée des produits au Mali. À ces contraintes logistiques s’ajoutent les fluctuations des marchés internationaux et les difficultés de financement auxquelles peuvent être confrontés les opérateurs. «La particularité cette année, c’est l’anticipation», a expliqué le PDG de la CMDT, Dr Kouloumégué Dembélé, lors de l’ouverture des plis.

En engageant les procédures suffisamment tôt, la compagnie veut donner aux fournisseurs le temps nécessaire pour organiser la fabrication, mobiliser les financements, importer les produits et assurer leur acheminement jusqu’aux zones de production.
L’enjeu dépasse ainsi la seule question administrative des marchés dans une campagne agricole où le calendrier est déterminant. Des intrants livrés en retard peuvent perturber les opérations culturales, compliquer le respect des itinéraires techniques et, finalement, affecter les rendements.
Pour la filière cotonnière, la disponibilité des engrais, des produits de traitement et des équipements au moment opportun constitue donc un élément essentiel de la performance agricole.
Les difficultés enregistrées au cours des campagnes précédentes ont également poussé la CMDT à revoir son approche. Les fournisseurs ont notamment évoqué les perturbations du transport maritime, les contraintes de transit, la hausse des coûts sur les marchés internationaux et les difficultés à mobiliser les financements nécessaires à l’exécution des contrats.

La CMDT cherche également à tirer profit de la concurrence entre fournisseurs. Les appels d’offres internationaux doivent permettre aux entreprises maliennes et étrangères de se positionner sur les différents marchés.
Le choix ne devrait donc pas reposer uniquement sur la capacité à fournir les produits. Les prix, la qualité, la conformité aux exigences techniques et les délais de livraison seront également déterminants.
Cette concurrence intervient dans un contexte où les coûts des intrants et de la logistique pèsent sur l’économie de la filière. Pour la CMDT comme pour les producteurs, obtenir des produits conformes à des conditions compétitives constitue un enjeu important pour préserver la rentabilité de la production cotonnière.
Prenant la parole au nom des fournisseurs, Mamadou Ba, de l’entreprise Gnoumani, a rappelé les efforts consentis par les opérateurs pour respecter leurs engagements malgré un environnement international difficile.
Il a notamment insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre la CMDT, les fournisseurs, les banques et les autres partenaires de la filière. L’objectif est de faciliter la mobilisation des ressources financières et d’éviter que des difficultés de trésorerie ne compromettent l’exécution des marchés.
Joseph Amara Dembélé

