Avec une production d’or estimée à 90,804 tonnes en 2025 et près de 776 milliards FCFA de recettes budgétaires, le secteur minier burkinabè représente un mallions essentiel pour les finances publiques. Face aux défis de fraude, de contrebande et de blanchiment de capitaux, les autorités renforcent leur dispositif de contrôle avec l’adoption du plan de travail annuel 2026 de la stratégie nationale de lutte contre ces pratiques.

Le Burkina Faso décide de mieux protéger les revenus tirés de son secteur aurifère. C’est ce qu’on retient en substance des travaux de la première session de l’année 2026 du Comité de pilotage de la Stratégie nationale de lutte contre la fraude de l’or et des autres substances précieuses, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur minier. Les travaux ont notamment porté sur l’examen et l’adoption du rapport d’activités 2025 et du plan de travail annuel 2026.
L’enjeu est économique autant que sécuritaire. En 2025, la production aurifère du pays a atteint 90,804 tonnes, générant près de 776 milliards FCFA de recettes pour le budget de l’État. Ces chiffres illustrent le poids stratégique de l’or dans les finances publiques, mais aussi l’importance des pertes potentielles liées aux circuits frauduleux.
Sécuriser les recettes minières

La fraude, la contrebande et les opérations financières illicites constituent des menaces pour la mobilisation des recettes publiques. En échappant aux circuits officiels, une partie de la production et des transactions peut priver l’État de ressources nécessaires au financement de ses politiques publiques.
Pour y faire face, les autorités misent sur une réponse coordonnée, fondée notamment sur le renseignement, la traçabilité des opérations et le renforcement de la collaboration entre les structures impliquées dans le contrôle du secteur minier. Conduit par la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), le Comité de pilotage doit également formuler des recommandations pour améliorer l’application de la stratégie nationale.

Au-delà du renforcement des contrôles, l’objectif affiché est d’améliorer la coordination des actions de lutte contre les circuits illicites et d’accroître les recettes que l’État tire de ses ressources minières. La mise en œuvre effective du plan de travail 2026 sera ainsi déterminante pour mieux sécuriser les revenus générés par l’or burkinabè.
Joseph Amara Dembélé

