Le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP) a mobilisé 71,2 milliards FCFA depuis sa création en octobre 2023. Sur cette enveloppe, près de 58,8 milliards ont été consacrés au renforcement des capacités d’intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS), engagées dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
Ces chiffres ont été présentés par la présidente du comité de gestion du FSSP, Réki Moussa Hassane Djermakoye, lors d’un point de presse consacré au bilan des trois années d’existence du fonds.
Sur les 71,2 milliards FCFA mobilisés, les prélèvements institutionnalisés représentent 59,4 milliards, soit 83,4 % des ressources. Les contributions volontaires s’élèvent à 11,8 milliards FCFA, correspondant à 16,6 % du total.

Pour la troisième année d’activité, couvrant la période du 11 octobre 2025 au 10 octobre 2026, le fonds a enregistré 38,42 milliards FCFA de recettes. Les prélèvements institutionnalisés ont généré 36,64 milliards FCFA, contre 1,78 milliard FCFA pour les contributions volontaires. Parmi ces dernières, 1,59 milliard provient du dispositif communautaire de collecte des 100 francs de l’Appel de Tillabéri.
La mobilisation des ressources a notamment été renforcée par l’ordonnance du 22 octobre 2025, qui a porté de 11 à 22 le nombre de catégories de prélèvements institutionnalisés. Les principales contributions proviennent des grandes entreprises de secteurs stratégiques, des prélèvements sur les rémunérations, des hydrocarbures, des redevances de l’ARCEP et des droits appliqués à certains produits de luxe importés. Ces catégories représentent à elles seules 70 % des ressources mobilisées.
Industrie et défense
Au titre de la troisième année, 29 grandes acquisitions, d’un montant global de 41,08 milliards FCFA, ont été réalisées. Elles comprennent notamment 343 véhicules de différents types, 4 928 motos, des armements, des munitions, des pièces détachées et des équipements de sécurité.

Le fonds soutient également une stratégie de production locale destinée à réduire la dépendance extérieure du Niger en matière d’équipements militaires. Parmi les projets engagés figurent une usine de montage, de transformation et de blindage de véhicules militaires, des ateliers régionaux de maintenance et de soutien logistique, ainsi que des unités de confection d’équipements et de tenues militaires. Cette orientation vise à renforcer les capacités nationales de production et de maintenance, tout en favorisant la création d’emplois.
Au-delà de la sécurité, le FSSP a consacré 1,92 milliard FCFA au financement de quatre nouveaux projets et à la poursuite de deux initiatives en cours. Les interventions concernent notamment la promotion du riz local, l’appui à la mobilisation générale, l’insertion professionnelle de 1 000 jeunes diplômés et la mobilisation citoyenne.
D’autres projets portent sur la réhabilitation d’aménagements hydro-agricoles dans la région de Diffa et le développement de la filière du poisson frais dans plusieurs régions du pays. Selon la présidente du comité de gestion, ces initiatives ont permis de créer 2.026 emplois et d’encadrer 2.758 acteurs des chaînes de valeur.
Le fonds a également reçu des contributions en nature évaluées à 152,25 millions FCFA au cours de la troisième année, affectées notamment aux secteurs de la défense, de la santé, de l’éducation et de l’environnement.
Concernant son fonctionnement, les dépenses engagées sur trois ans s’élèvent à 371,32 millions FCFA, soit 0,97 % des ressources mobilisées durant la période considérée, selon les chiffres communiqués.
Pour la suite, le FSSP entend rendre pleinement opérationnels les 11.410 comités de collecte mis en place, renforcer le suivi des recouvrements et améliorer la communication avec les populations. Le comité prévoit également d’investir davantage dans des unités industrielles susceptibles de créer des emplois pour les jeunes et les femmes.
Créé le 11 octobre 2023, le FSSP constitue l’un des instruments de financement de l’effort national de sécurité et de soutien à des projets économiques et sociaux au Niger.
Joseph Amara Dembélé

