Si plusieurs pays ont réussi à réduire fortement la pauvreté multidimensionnelle, les trajectoires restent contrastées. En Angola et en Zambie, la croissance démographique a fait augmenter le nombre de personnes pauvres malgré la baisse de leur proportion, tandis que le Nigeria a enregistré un retournement de tendance au cours des années 2020.
La réduction de la pauvreté multidimensionnelle progresse dans plusieurs pays, mais ces avancées restent inégales. Selon les dernières données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l’Université d’Oxford, 33 pays ont réduit d’au moins de moitié la valeur de leur indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) en moins de 15 ans.
L’Eswatini figure parmi les pays ayant enregistré une amélioration notable. En 15 ans, la proportion de sa population vivant dans la pauvreté multidimensionnelle est passée de 38,7 % à 8 %. La Chine s’est distinguée par la rapidité de ses progrès : entre 2010 et 2014, elle a divisé par deux la valeur de son IPM, tandis que la proportion de personnes pauvres est passée de 9,5 % à 4,2 %. Le Vietnam a, lui aussi, réduit de moitié son indice en sept ans.
Ces résultats témoignent de la possibilité d’obtenir des avancées importantes en matière de lutte contre les privations qui affectent les conditions de vie des populations.
Des trajectoires contrastées
En Afrique, les résultats doivent toutefois être examinés au-delà de la seule évolution des taux de pauvreté. En Angola et en Zambie, la proportion de personnes pauvres a reculé, mais leur nombre total a augmenté sous l’effet d’une croissance démographique plus rapide. Autrement dit, la baisse de la part de la population touchée ne se traduit pas nécessairement par une diminution du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.

Le Nigeria illustre une autre difficulté : celle de maintenir les progrès dans la durée. Après une réduction significative de la pauvreté multidimensionnelle au cours des années 2010, le pays a connu une inversion de tendance durant les années 2020, marquée par une remontée du taux de pauvreté et du nombre de personnes concernées.
L’indice de pauvreté multidimensionnelle ne mesure pas uniquement les revenus. Il prend en compte plusieurs formes de privation liées notamment à la santé, à l’éducation et aux conditions matérielles de vie.

Les résultats présentés par le PNUD et l’Université d’Oxford mettent ainsi en évidence des progrès importants, mais aussi leur fragilité. Entre les pays qui parviennent à réduire rapidement leur indice et ceux où la pauvreté repart à la hausse, la capacité à maintenir les acquis apparaît déterminante.
Pour les États concernés, le défi consiste donc non seulement à réduire la pauvreté, mais aussi à inscrire cette évolution dans la durée, afin que les améliorations des conditions de vie bénéficient à une part toujours plus importante de la population.
Joseph Amara Dembélé

