Efficacité de l’État : un levier pour libérer le potentiel des entreprises

Les institutions publiques jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement de l’économie mondiale. Au-delà de la fourniture des services essentiels, leur efficacité influence directement l’environnement des affaires, la concurrence et la capacité des entreprises à se développer. Un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé «Institutions et prospérité : Les institutions publiques comme levier de développement du secteur privé», publié en septembre 2026, identifie les principaux facteurs qui permettent aux administrations de mieux remplir cette mission.

Sur quelque 3,74 milliards de personnes qui composent la main-d’œuvre mondiale, environ 400 millions, soit près de 11%, travaillent dans le secteur public. Ces agents assurent des fonctions essentielles dans la santé, l’éducation, les infrastructures ou encore la gestion des services publics. Ils interviennent également dans les achats de l’État, allant des équipements médicaux aux infrastructures et aux outils numériques.

Le poids économique de ces interventions est considérable. Dans les pays l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les marchés publics représentent en moyenne 12,7 % du produit intérieur brut (PIB). La qualité des procédures de passation des marchés constitue ainsi un enjeu majeur pour les finances publiques comme pour les entreprises qui travaillent avec l’État.

Le rapport met particulièrement l’accent sur deux domaines où l’action publique rencontre directement l’activité économique : la réglementation et la commande publique. Leur efficacité peut réduire les coûts pour les entreprises, améliorer la qualité des services et renforcer la confiance des acteurs économiques.

Pour évaluer les faiblesses institutionnelles, le rapport distingue deux grandes catégories de capacités qui sont les capacités organisationnelles et les capacités de gouvernance.

Les premières concernent les ressources et les systèmes nécessaires au fonctionnement des administrations. Elles englobent notamment la qualité du personnel, la gestion des budgets, les systèmes d’information ainsi que les pratiques de management et de coordination. La qualification des agents chargés des marchés publics apparaît particulièrement importante. Les pays disposant de professionnels mieux formés signalent généralement moins de difficultés dans leurs relations contractuelles avec l’État.

Les capacités de gouvernance portent, elles, sur les mécanismes permettant de garantir que l’action publique reste orientée vers l’intérêt général. Trois éléments sont mis en avant : la responsabilisation, l’indépendance et la transparence.

Des institutions au service de l’économie

Ces dimensions sont complémentaires. La transparence perd de son efficacité lorsqu’aucun mécanisme ne permet de demander des comptes aux institutions. De même, des mécanismes de responsabilisation peuvent être fragilisés lorsque les administrations sont soumises à des pressions politiques ou à des intérêts privés.

Le rapport souligne également qu’une institution performante dans un secteur ne garantit pas automatiquement la qualité des institutions dans les autres domaines. Le diagnostic doit donc être mené au cas par cas, afin d’identifier les faiblesses propres à chaque administration.

Cette approche peut concerner les organismes chargés des marchés publics et de la réglementation, mais aussi les administrations fiscales et douanières, les ministères centraux ou encore les institutions locales.

Au-delà de la gestion administrative, l’enjeu est économique. Des institutions publiques solides contribuent à créer un environnement plus prévisible pour les entreprises, à améliorer l’utilisation des ressources publiques et à renforcer la qualité des services. En substance, l’efficacité de l’État apparaît comme l’un des fondements de la prospérité du secteur privé, de la création d’emplois et de l’amélioration des services dont bénéficient les citoyens.

Joseph Amara Dembélé

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