La Guinée renforce la mobilisation de ses ressources publiques. Selon les chiffres présentés le 24 octobre 2026 par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, devant les députés, les recettes fiscales ont progressé de 8% en 2026, tandis que la pression fiscale atteint 14,2% du PIB, contre 12,9% initialement prévus.
Devant l’Assemblée nationale, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a défendu le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, mettant en avant la protection du pouvoir d’achat et le financement des services sociaux de base. L’un des principaux postes de cet effort budgétaire concerne le maintien du prix du carburant à 12.000 francs guinéens le litre, malgré les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie. Selon les données présentées par la ministre, l’État a mobilisé 5.489,7 milliards GNF, soit près de 10% des recettes fiscales prévues, pour limiter les effets de la hausse des cours mondiaux du pétrole sur les ménages.
Cette politique de soutien intervient alors que l’économie guinéenne affiche une croissance soutenue. Après 5,4% en 2024 et 7,1% en 2025, le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 8,6% en 2026. Cette dynamique repose notamment sur le secteur minier, le développement du projet Simandou et les investissements structurants engagés par l’État.
Les investissements directs étrangers ont atteint, selon les chiffres communiqués, 7,8 milliards de dollars en 2025. Dans le même temps, les recettes fiscales ont progressé de 8% et la pression fiscale s’est établie à 14,2% du PIB, contre une prévision initiale de 12,9%. Au 15 octobre, 85% des recettes liquides annuelles avaient déjà été mobilisées.

Le déficit budgétaire est, pour sa part, estimé à 2,01% du PIB. Ces indicateurs témoignent d’une amélioration de la mobilisation des ressources publiques, dans un contexte où les autorités cherchent à financer leurs priorités sans compromettre l’équilibre des finances de l’État.
La santé et l’eau prioritaires
Le PLFR 2026 prévoit également des dépenses destinées à renforcer les services de proximité. Le programme comprend un soutien à 455 centres de santé et à 2.514 postes de santé, ainsi que le financement de 1.600 points d’eau à travers le pays.
Les transferts aux communes rurales doivent par ailleurs augmenter de 110 %. La modernisation du transport urbain, notamment à travers les bus publics, figure également parmi les priorités annoncées.
Sur le plan extérieur, la Guinée a conclu un accord au niveau des services techniques du Fonds monétaire international (FMI) pour un programme de 41 mois, d’un montant de 425 millions de dollars. Des appuis budgétaires complémentaires sont aussi en préparation avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Joseph Amara Dembélé

