Emploi : l’IA pourrait créer jusqu’à 40 millions d’emplois numériques en Afrique d’ici 2035

L’intelligence artificielle (IA) ouvre de nouvelles perspectives pour la croissance et l’emploi en Afrique subsaharienne. Selon la Banque mondiale, son exploitation à grande échelle pourrait générer jusqu’à 1.000 milliards de dollars supplémentaires au produit intérieur brut (PIB) africain d’ici 2035 et créer entre 35 et 40 millions d’emplois numériques. Mais le manque d’infrastructures, de compétences et de connectivité constitue un frein majeur à cette transformation économique.

L’intelligence artificielle pourrait devenir un levier important de création de richesses et d’emplois en Afrique. Dans son rapport État des lieux de l’économie africaine, publié en octobre 2026, la Banque mondiale souligne que cette technologie offre des possibilités considérables pour améliorer la productivité des entreprises, développer de nouvelles activités et renforcer l’efficacité des services publics.

Dans un scénario ambitieux où le continent exploiterait pleinement le potentiel de l’IA, celle-ci pourrait apporter jusqu’à 1.000 milliards de dollars supplémentaires au PIB africain d’ici 2035. Les retombées pourraient également se traduire par la création de 35 à 40 millions d’emplois numériques et par près de 150 milliards de dollars de recettes fiscales annuelles.

Ces projections restent toutefois conditionnées à une adoption suffisamment large de la technologie et à des investissements conséquents. Compte tenu du niveau actuel de préparation des économies africaines, la contribution de l’IA au PIB cumulé pourrait se limiter à une hausse comprise entre 0,2% et 4% au cours de la prochaine décennie.

Un déficit de compétences

Pour la Banque mondiale, l’enjeu ne consiste pas simplement à introduire des outils d’IA, mais à permettre aux entreprises, aux travailleurs et aux administrations de les utiliser efficacement. Or, l’Afrique subsaharienne reste confrontée à d’importantes insuffisances en matière d’infrastructures numériques.

Environ 900 millions d’Africains ne sont toujours pas connectés à Internet. Alors que le continent représente 18 % de la population mondiale, il ne dispose que de 0,6% de la capacité mondiale des centres de données. En outre, seuls environ 5% des centres de données africains sont prêts pour l’IA.

Ces lacunes limitent l’accès aux nouvelles technologies, particulièrement pour les petites entreprises et les travailleurs qui disposent de moyens financiers réduits. Le coût des équipements et des forfaits Internet, l’accès irrégulier à l’électricité ainsi que le manque de compétences spécialisées compliquent également leur adoption.

le Mali face au défi

Le rapport met aussi en évidence les limites de l’accès à l’IA sur le marché du travail malien. Selon la Banque mondiale, seuls 1,2% des travailleurs occupent un emploi exposé à l’IA et sont en mesure d’accéder à cette technologie.

À court terme, l’enjeu est davantage d’améliorer la productivité des travailleurs que de miser sur une automatisation massive des emplois. L’agriculture, les services et les activités informelles pourraient notamment bénéficier de solutions adaptées aux réalités locales.

Le développement de l’IA suppose ainsi des investissements dans l’électricité, la connectivité, la formation et la disponibilité de données pertinentes. L’adaptation d’outils abordables aux besoins des entreprises et des populations apparaît comme une priorité.

Pour les économies africaines, la capacité à transformer ces possibilités technologiques en gains concrets de productivité et en emplois dépendra donc des investissements engagés et de l’élargissement de l’accès aux outils numériques.

Joseph Amara Dembélé

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