Plusieurs préavis de grève font peser un risque de perturbation sur deux secteurs stratégiques au Mali. Dans les mines comme dans l’enseignement supérieur, les syndicats réclament le règlement de revendications restées en suspens. Les premières échéances sont prévues à partir du 28 septembre.
Le secteur minier et l’enseignement supérieur pourraient connaître une fin de septembre sous tension. À Loulo-Gounkoto, les syndicats des travailleurs de SOMILO SA et de GOUNKOTO SA, exploitées par Barrick Mining, ont déposé des préavis de grève. Les mouvements sont annoncés du 28 septembre au 1er octobre, avec des revendications portant notamment sur le paiement des heures supplémentaires, le remboursement des frais de mission et l’application d’accords sociaux.

Le personnel de Food & Events Africa (FEA), prestataire de Barrick pour la restauration et les services de soutien, a également annoncé une grève de cinq jours, du 28 septembre au 2 octobre. De leur côté, les syndicats représentant des agents de la Direction nationale de la géologie et des mines et d’autres structures de l’administration minière ont appelé à une grève de 72 heures, du 29 septembre au 1er octobre. Ils réclament notamment le paiement des salaires, des indemnités et des primes du secteur minier.
Ces menaces interviennent alors que Loulo-Gounkoto sort d’une longue période de tensions entre l’État malien et Barrick. Après plusieurs mois de différend, le contrôle opérationnel du complexe avait été rendu au groupe canadien en décembre 2025. Selon Barrick, le complexe a produit environ 190 000 onces d’or au premier semestre 2026, un niveau inférieur à celui enregistré avant le conflit.
Parallèlement, le Mali a commencé à rouvrir son régime d’octroi des licences minières après un gel de plus de deux ans lié à l’assainissement du cadastre. Quatorze permis d’exploration d’or et de lithium ont été renouvelés depuis le 21 août pour huit sociétés.
L’enseignement supérieur sous pression
Dans les universités, les revendications s’accumulent également. Le CEN-SNESUP conteste la nomination du Colonel-major Nouhoum N’Diaye pour superviser les tests et concours de recrutement dans l’enseignement supérieur. Dans une lettre du 15 septembre, le syndicat demande l’abrogation de cette décision et une clarification du rôle confié à l’officier.

Le dossier a été évoqué lors d’une rencontre entre le CEN-SNESUP et des agents de la Présidence, le 18 septembre. Le syndicat y a également soulevé le préavis de grève de l’UKB concernant le paiement des tâches liées aux examens, ainsi que le retard dans le règlement des heures supplémentaires et l’application de la prime de recherche.
Sur ce dernier point, le CEN-SNESUP menace de déposer un préavis en l’absence d’avancées concrètes. Il évoque également la suspension de la participation de certains enseignants à l’organisation des concours et des examens.
À quelques jours des premières échéances dans les mines, plusieurs dossiers sociaux restent donc à régler dans des secteurs aux enjeux économiques et sociaux importants.
Joseph Amara Dembélé

