Mali-Chine : le casse-tête des visas au cœur des discussions

Les autorités maliennes et chinoises cherchent une solution aux difficultés rencontrées récemment par les opérateurs économiques maliens dans l’obtention de visas pour la Chine. Une séance de travail tenue mercredi 16 septembre a permis d’avancer vers des mesures destinées à rétablir rapidement les services consulaires chinois à Bamako.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a porté le dossier au cours d’une rencontre avec l’ambassadeur de Chine au Mali, Li Xiang. Il était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), le directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements (API-Mali), ainsi que des responsables des services chargés du commerce ont également pris part aux échanges.

Cette rencontre intervient à la suite de la suspension temporaire de la délivrance des visas chinois par la section consulaire à Bamako. L’ambassade de Chine au Mali a annoncé cette mesure dans un avis publié le 3 septembre. Depuis le 15 septembre, les demandes de visa présentées par les ressortissants maliens sont traitées par les représentations diplomatiques de Chine au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Maroc.

Les difficultés dans la délivrance des visas chinois affectent directement la mobilité des hommes d’affaires maliens. Pour les importateurs, les commerçants et autres opérateurs travaillant avec des partenaires chinois, les déplacements sont essentiels à la négociation des contrats, au suivi des commandes, à la recherche de fournisseurs et au développement de nouvelles relations commerciales.

Face à cette situation, le ministère de l’Industrie et du Commerce a engagé des discussions avec les autorités chinoises afin de limiter les conséquences sur le secteur privé. L’objectif affiché est de faciliter la reprise des déplacements professionnels et de préserver la continuité des échanges entre les deux pays.

Les discussions entre les deux parties ont abouti à un accord de principe sur la recherche de solutions techniques alternatives. Selon le ministère, ces mesures doivent permettre une reprise «effective et rapide» des services consulaires chinois à Bamako.

Fluidifier les échanges

Au-delà de la question des visas, le dossier touche plus largement aux relations commerciales entre le Mali et la Chine. Le volume des échanges entre les deux pays a atteint 1,634 milliard de dollars, soit une augmentation de 170% par rapport à l’année dernière, grâce notamment à la politique du «tarif zéro».

La Chine constitue ainsi un partenaire important pour les entreprises maliennes, notamment dans les domaines de l’importation de marchandises, des équipements, des infrastructures et des investissements. Pour le Mali, la facilitation de la mobilité des opérateurs économiques constitue donc un levier pour maintenir cette dynamique et permettre au secteur privé de développer ses partenariats avec les entreprises chinoises.

La rencontre intervient également dans un contexte où les autorités maliennes cherchent à réduire les obstacles administratifs auxquels sont confrontées les entreprises. Le ministère de l’Industrie et du Commerce compte ainsi poursuivre les échanges avec les partenaires concernés afin de trouver des réponses aux difficultés susceptibles de ralentir les activités économiques.

Les prochaines étapes porteront sur la mise en œuvre des solutions convenues entre les parties. Leur efficacité dépendra notamment de leur déploiement rapide auprès des opérateurs économiques maliens concernés.

Joseph Amara Dembélé

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