Sécurité en Afrique : l’UA mise sur la prévention

Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une réforme urgente de l’architecture africaine de paix et de sécurité ce dimanche 30 août, lors de la 21e Assemblée extraordinaire de l’organisation à Luanda. Ceci intervient dans un contexte de persistance d’insécurité au Sahel et dans plusieurs régions sur le continent.

Du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo, en passant par la Libye, le nord du Mozambique et surtout le Sahel, les foyers de tension se multiplient. Terrorisme, extrémisme violent, criminalité transnationale, piraterie et traite des migrants imposent une réponse africaine mieux coordonnée.

Pour les pays du Sahel, confrontés depuis plusieurs années à la menace terroriste, le message revêt une importance particulière. Mahmoud Ali Youssouf estime que l’Union africaine doit désormais privilégier l’anticipation des crises plutôt que leur gestion une fois qu’elles ont éclaté.

«La prévention doit devenir notre priorité», a-t-il déclaré, appelant à mettre en place des mécanismes plus précis et plus efficaces pour détecter les tensions et intervenir suffisamment tôt.

Cette nouvelle approche devra également s’appuyer sur un Fonds pour la paix pleinement opérationnel, afin de permettre à l’organisation continentale de disposer de moyens à la hauteur des défis sécuritaires.

Enjeu des États sahéliens 

L’UA entend par ailleurs renforcer la coopération avec les organisations régionales. Les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux doivent, selon le président de la Commission, rester au centre de la diplomatie préventive.

Cette orientation intervient alors que le paysage régional ouest-africain connaît de profondes recompositions, notamment avec l’affirmation de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Pour l’UA, l’enjeu sera donc aussi de parvenir à adapter ses mécanismes aux nouvelles réalités politiques et sécuritaires du continent, tout en maintenant le dialogue avec les États membres.

Mahmoud Ali Youssouf a défendu, par ailleurs, une position combinant fermeté et dialogue. Il entend défendre les normes de l’Union africaine tout en privilégiant la concertation et l’accompagnement.

L’Assemblée de Luanda doit ainsi permettre aux dirigeants africains d’engager une évaluation stratégique de l’efficacité des mécanismes continentaux de paix et de sécurité.

Pour le Mali et, plus largement, pour le Sahel, cette réflexion intervient à un moment où la question de l’efficacité des réponses africaines à la menace terroriste demeure centrale. L’UA veut désormais tirer les leçons des crises passées pour construire une architecture de sécurité plus préventive, plus autonome et davantage adaptée aux réalités africaines.

Joseph Amara DEMBELE

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