Côte d’Ivoire : traquer l’orpaillage clandestin sans étouffer l’exploitation artisanale

Face à l’ampleur de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, les artisans miniers plaident pour une lutte ferme contre les activités illégales, accompagnée d’une accélération de la formalisation de l’exploitation artisanale.

«Le GRAMCI est contre l’orpaillage clandestin», a réaffirmé vendredi à Abidjan le porte-parole du Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI), Manlan Eugène. Selon lui, les activités menées en dehors du cadre légal constituent une menace pour l’environnement, les terres agricoles, les ressources en eau et la sécurité des populations, tout en privant l’État et les communautés de retombées économiques.

Le gouvernement ivoirien a renforcé ces dernières années son dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal. Créé en 2021, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) dispose notamment de moyens de surveillance renforcés, dont des drones mis à la disposition des services déconcentrés du ministère des Mines et de la Géologie.

Les chiffres communiqués lors de la réunion du Conseil national de sécurité (CNS), le 23 juillet 2026, témoignent de l’ampleur des opérations. Entre 2021 et le premier semestre 2026, plus de 8 500 sites clandestins ont été déguerpis et 4 474 personnes déférées. Les opérations ont également permis de saisir plus de 960 millions de francs CFA et environ 136 kilogrammes d’or.

Pour le GRAMCI, la lutte contre l’orpaillage clandestin doit cependant aller de pair avec la légalisation des activités artisanales. L’organisation estime que la formalisation permettrait de mieux identifier les exploitants, d’assurer la traçabilité de l’or, de sécuriser les revenus et d’améliorer les conditions de travail.

Le groupement préconise notamment le renforcement des coopératives, la formation des exploitants, ainsi que l’amélioration de leur accès au financement et aux techniques modernes d’exploitation. Ces mesures contribueraient également à réduire les impacts environnementaux et à accroître les retombées économiques du secteur.

Selon le GRAMCI, plus de 800 autorisations d’exploitation artisanale et semi-industrielle ont été délivrées au cours des trois dernières années, un niveau jugé supérieur à celui enregistré durant la décennie précédente.

L’organisation défend ainsi une approche reposant sur deux axes : maintenir une pression constante sur l’orpaillage clandestin et les réseaux qui le financent, tout en facilitant l’accès des exploitants au cadre légal.

Pour le GRAMCI, l’objectif est aussi d’éviter que le démantèlement des sites clandestins ne laisse les populations concernées sans activité. La formalisation de l’exploitation artisanale est présentée comme un moyen de mieux structurer le secteur et d’accroître sa contribution à l’économie ivoirienne.

Joseph Amara DEMBELE

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