CIMAF Sikasso : à Natien, une nouvelle usine pour renforcer l’autosuffisance du Mali en ciment

À Natien, dans la région de Sikasso, le projet de cimenterie de CIMAF S.A. entre dans sa phase concrète. Deux ans après la pose de la première pierre, les machines tournent et les équipements prennent place dans cette nouvelle unité industrielle.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, accompagné du ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de division Oumar Diarra, s’est rendu jeudi 27 août 2026 sur le site de la cimenterie. Les deux ministres sont venus constater l’état d’avancement et la finition des travaux.

Sur place, les responsables de CIMAF ont présenté les différentes unités de production, les équipements ainsi que les perspectives d’exploitation de l’usine. La visite a permis à la délégation de mesurer les progrès réalisés depuis la pose de la première pierre, le 9 février 2024.

35 milliards de FCFA investis dans l’usine

CIMAF a investi 35 milliards de FCFA dans la construction de l’usine et 21,5 milliards de FCFA dans la logistique. Cet investissement a notamment permis de porter son parc à 246 camions-bennes.

L’unité devrait créer 250 emplois directs et 1.500 emplois indirects. Elle sera alimentée par une centrale thermique de 12 MW. Un champ photovoltaïque de 10 MWc, représentant un investissement de 5,5 milliards de FCFA, doit également compléter le dispositif énergétique.

Avec cette nouvelle infrastructure, le Mali renforce ses capacités de production de ciment. Le pays compte désormais six cimenteries, avec l’ambition de rapprocher l’offre des besoins du marché et de réduire progressivement la dépendance aux importations.

Produire aussi le clinker au Mali

Pour le ministre Moussa Alassane Diallo, le développement de l’industrie cimentière doit franchir une nouvelle étape. Chaque cimenterie devra, à terme, disposer de son propre gisement de clinker, principale matière première utilisée dans la fabrication du ciment. «Il ne suffit plus de produire du ciment au Mali. Il faut progressivement produire ce qui permet de le fabriquer», a-t-il rappelé en substance.

Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de développement des capacités productives nationales et de renforcement de la souveraineté économique.

À Natien, CIMAF apparaît ainsi comme une nouvelle pièce du dispositif industriel malien. L’enjeu est désormais de faire tourner durablement l’outil de production, de soutenir l’emploi local et d’accroître la disponibilité du ciment sur le marché national.

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