Home A la Une Détention du Pr Broulaye Samaké : le CEN-SNESUP exige sa libération

Détention du Pr Broulaye Samaké : le CEN-SNESUP exige sa libération

L’arrestation du professeur Broulaye Samaké, enseignant-chercheur et chef du service d’anesthésie du CHU Gabriel Touré, suscite une vive indignation au sein du Syndicat national de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique (CEN-SNESUP). Dans un communiqué publié hier mercredi 2 avril, le syndicat dénonce «une détention injustifiée» et réclame sa libération immédiate.

Le Pr Samaké, en quête d’un logement décent, se retrouve aujourd’hui sous mandat de dépôt, une situation que le syndicat qualifie «d’abus de pouvoir et de détournement des lois foncières». En 2005, selon des témoins, M. Samaké a acquis une parcelle à Banancoro dans le cadre du morcellement d’un titre foncier destiné aux travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré. Cependant, en 2023, un Colonel aurait obtenu un permis d’occupation de la même parcelle pour sa fille. Lors de travaux sur son terrain, les maçons de M. Samaké sont arrêtés par la gendarmerie. L’affaire est portée devant le Tribunal de la Commune VI, où un juge ordonne la démolition des constructions. M. Samaké aurait refusé d’obtempérer, présentant des documents prouvant qu’il en est propriétaire. Lors d’une audience le 24 mars, il est placé sous mandat de dépôt pour «outrage à magistrat» après avoir insisté sur le manque de papier autorisant la démolition. Il est actuellement incarcéré à la Maison Centrale de Bamako.

Le CEN-SNESUP rappelle que l’enseignant-chercheur n’est «ni un spéculateur foncier ni un expropriateur, mais une victime des dysfonctionnements du système judiciaire et foncier malien». Au-delà du cas du Pr Samaké, cette affaire met en lumière la vulnérabilité des enseignants-chercheurs face aux détentions judiciaires de plus en plus fréquentes. Elle illustre également les failles du système de gouvernance foncière, où des citoyens se retrouvent emprisonnés malgré une innocence manifeste, selon le syndicat.

Face à cette situation, le CEN-SNESUP appelle les autorités à garantir la transparence et l’équité dans le traitement du dossier. Il annonce également la mobilisation des travailleurs des hôpitaux pour soutenir leur collègue, rejoignant ainsi le mouvement amorcé par d’autres syndicats hospitaliers, dont ceux du CHU Gabriel Touré et de l’Hôpital du Mali, qui ont décidé de ne plus accueillir de nouveaux patients. Le syndicat assure que toutes les démarches sont en cours pour obtenir la libération du Pr Samaké et exhorte ses militants à rester mobilisés pour les actions à venir.

Siaka TRAORE

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