CEMAC : la croissance ralentit à 2,6% en 2025, la pauvreté reste élevée

Selon le rapport de la Banque mondiale de 2026 sur l’économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la croissance régionale a ralenti à 2,6% en 2025, contre 3,2% en 2024. Nonobstant un recul de l’inflation, les déficits budgétaires se sont creusés et les recettes pétrolières ont diminué. La pauvreté reste élevée, touchant environ 36,2% de la population selon le seuil de 3 dollars par jour environ 1.754 Fr CFA.

L’économie de la CEMAC a perdu de son dynamisme en 2025, c’est le constat global que l’on déduit de ce nouveau rapport de la Banque mondiale sur cette région d’Afrique. La croissance régionale est estimée à 2,6%, contre 3,2 % en 2024, un niveau insuffisant pour améliorer sensiblement les conditions de vie des populations. Les performances restent contrastées entre les six pays membres. Le Tchad a bénéficié de l’augmentation de sa production pétrolière, tandis que la République centrafricaine a profité de la progression de ses exportations d’or. Au Cameroun, la consommation des ménages, l’investissement et les exportations de cacao ont soutenu l’activité, malgré les tensions postélectorales. Le Congo a également enregistré une légère reprise.

À l’inverse, la baisse de la production pétrolière a pesé sur les économies gabonaise et équato-guinéenne. Cette dernière a connu la situation la plus difficile, avec une contraction estimée à 5,8%.

Les finances publiques sous pression

La baisse des cours du pétrole et des recettes tirées des matières premières a fragilisé les budgets nationaux. Le déficit budgétaire moyen de la région s’est creusé à 3,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 1,6 % un an auparavant. Les dépenses publiques ont représenté 21,1 % du PIB, alors que les recettes totales sont tombées à 17,8 %.

La dette publique demeure également élevée, à environ 53,6 % du PIB en moyenne. Le Congo et le Gabon affichent des niveaux particulièrement préoccupants, estimés au-delà du plafond communautaire de 70 % du PIB.

Les échanges extérieurs ont subi les mêmes pressions. L’excédent commercial est passé de 6,7 % du PIB en 2024 à 3,5 % en 2025. Les exportations de pétrole ont reculé de 2,3 %, celles de gaz de 10,5 %. Les hydrocarbures représentent toujours près de 70 % des exportations régionales, révélant la dépendance persistante des économies de la CEMAC aux ressources extractives.

Les réserves extérieures ont, elles aussi, diminué, passant de 4,9 à 4,2 mois de couverture des importations, en dessous du seuil de cinq mois considérés comme adéquat au niveau régional.

Une inflation en recul

Sur le front des prix, la situation s’est nettement améliorée. L’inflation moyenne est passée de 4% en décembre 2024 à 2,1% en décembre 2025, sous l’effet notamment de la baisse des coûts d’importation, d’une politique monétaire restrictive et d’une production agricole favorable.

En juin 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a abaissé son taux directeur de 4,75% à 4,5%. Toutefois, l’accès au crédit reste limité pour les entreprises privées, en raison notamment des faiblesses du secteur bancaire et des pressions exercées par les besoins de financement des États.

La baisse de l’inflation ne suffit donc pas à améliorer les conditions de vie. Environ 25 millions de personnes vivent dans la pauvreté dans la région. En 2025, près de 36,2% de la population disposait de moins de 3 dollars par jour, contre 28,9% dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le chômage avoisine 10% de la population active, tandis que la population augmente d’environ 3% par an.

Pour 2026-2028, la croissance régionale est attendue à 3,2% en moyenne. Ces perspectives restent toutefois exposées aux tensions géopolitiques, aux incertitudes commerciales et à l’évolution des marchés pétroliers.

La hausse des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient au début de 2026 pourrait soutenir temporairement les recettes des pays producteurs. Mais cet avantage risque d’être limité par le recul de la production et par le renchérissement des importations, notamment de carburants et de denrées alimentaires.

La réduction durable de la pauvreté dépendra ainsi de la capacité des États à diversifier leurs économies, à développer les infrastructures énergétiques et de transport, à renforcer les compétences et à améliorer le climat des affaires. La mise en œuvre effective du programme régional de réformes de la CEMAC apparaît déterminante pour stimuler l’investissement privé et créer des emplois. Sans accélération des réformes et assainissement des finances publiques, la croissance risque de rester insuffisante pour répondre aux besoins des populations.

 

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